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Chiapas al Día, No. 336
CIEPAC
Chiapas, México
19 mars 2003

ZONE DE LIBRE ECHANGE DES AMERIQUES
DES MILLIONS DE RAISONS
DE DIRE NON À L'ALCA !

La Zone de Libre-échange des Amériques (ZLEA ou ALCA pour son acronyme en espagnol et FTAA en anglais) prétend être signée pour 2005. Néanmoins, au moyen des accords ou traités de libre-échange (TLC) entre les pays du Continent américain et y compris du Plan Puebla Panama (PPP), les gouvernements avancent déjà dans la mise en œuvre de l'ALCA qui réunit tous les effets négatifs des accords de libre-échange. Et cela signifie le summum du néolibéralisme sauvage où les grandes sociétés transnationales assurent et légalisent leurs intérêts. Si l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est le cadre mondial des règles imposées à l'économie planétaire, l'ALCA en est l'expression continentale, le PPP l'est au niveau régional et les traités de libre-échange le sont au niveau bilatéral ou trilatéral. Mais cela ne pourrait être sans l'endettement scandaleux des pays de plus en plus pauvres auprès de la Banque Mondiale (BM) et du Fonds Monétaire International (FMI) qui imposent les mesures d'ajustement aux gouvernements.

Dire Non à l'ALCA n'est pas une demande exclusive du secteur ouvrier ou paysan du continent, ni des Organisations Civiles Non Gouvernementales ni des indigènes ou des femmes. Ce n'est pas non plus une demande exclusive des jeunes ou des chômeurs, des gays ou des lesbiennes ; des défenseurs des droits humains et des groupes écologistes, des syndicalistes, des universitaires ou des professionnels, des partis politiques avec un peu de sens commun, de quelques évêques lucides, c'est l'affaire d'autres églises, et y compris d'entrepreneurs qui par milliers sont affectés.

Plus de 200 millions de pauvres en Amérique latine et les Caraïbes, chiffre qui continue et continue à augmenter. Ne sont-ils pas suffisants pour dire ça suffit ? Personne ne peut porter spécifiquement la bannière de cette cause ni ne peut la monopoliser, c'est la cause de millions de pauvres dans l'ensemble du Continent.

Ce qui est en jeu ce sont les droits humains de la population continentale. Avec l'ALCA, tous nous perdons, y compris les habitants du Canada et des Etats-Unis, leurs travailleurs, producteurs du secteur agricole, étudiants et tout autre secteur. Aujourd'hui, on nous fait croire que ces politiques commerciales du modèle néo-libéral sont quelque chose de naturel à l'évolution humaine, du processus appelé "globalisation" et non le produit de l'imposition d'intérêts face auxquels le mouvement social mondial développe, en vivant et en cherchant des formes de développement ne générant pas l'exclusion, socialement et écologiquement responsables.

Les propositions sont là, elles existent et beaucoup ont émané depuis l'Assemblée Sociale Continentale. Mais même si ces propositions sont écrites et que sont vécues aujourd'hui des alternatives avec beaucoup d'expériences à succès, tant d'autres ne veulent pas voir qu'un autre monde est possible et finissent en adorant le dieu néo-libéral, le libre commerce. Ils ne veulent pas voir non plus qu'il y a des millions de raisons pour rejeter l'ALCA :

L'ALCA ACCENTUERA LE CHÔMAGE

Le Traité de libre Commerce de l'Amérique du Nord (TLCAN ou ALENA) a provoqué une diminution de l'emploi au Mexique, des droits de travail et du salaire minimal qui ont profité aux grandes corporations. Durant cinq années, près de 400 usines ont fermé ou ont menacé de fermer aux Etats-Unis. L'ALCA signifie davantage de chômage, l'absence de protection et la déstabilisation du travail puisque les travailleurs sont obligés de concurrencer entre eux en offrant davantage de travail pour moins de salaire et de droits afin que l'entreprise ne s'en aille pas vers d'autres pays en Afrique ou en Asie.

Aux Etats-Unis on a perdu un demi-million d'emplois depuis l'entrée en vigueur du traité. Environ 28.000 petites affaires ont fait faillite au Mexique étant donnée l'entrée des compagnies étrangères. Au Chili l'entreprise de télécoms a licencié plus de 4.000 travailleurs entre 1999 et 2002. Au Mexique, pour la seule année dernière un demi-million d'emplois a été supprimé. Et 48 % des nouveaux emplois qu'a généré le TLCAN ne respectent pas les lois en vigueur.

D'autre part, l'ALCA accordera aux entreprises le droit de faire venir de l'étranger le personnel professionnel et formé dont elles ont besoin, mais il n'y aura pas la libre circulation des travailleurs et de la main d'œuvre bon marché, appelés à être captifs des gouvernements dans leurs régions respectives.

L'ALCA ACCÉLÉRERA LA DESTRUCTION DE L'ENVIRONNEMENT

Les politiques qu'ont imposées la BM et le FMI ont détruit tout au long de décennies l'environnement mondial. L'incorporation des ressources naturelles au marché international a conduit à leur surexploitation. Durant 9 années du TLCAN, 15 entreprises américaines dans l'industrie du bois ont établi leurs opérations au Mexique, et la coupe et le transport de cellulose a considérablement augmenté. Dans l'état mexicain du Guerrero, 40 % des forêts ont été dévastées durant les dernières huit années, et la coupe massive a conduit à l'érosion du sol en détruisant l'habitat de la zone. Mais cela s'est passé de la même manière au Canada et aux Etats-Unis. Au Chiapas les forêts continuent à se déboiser rapidement. Le TLCAN et maintenant le PPP permettent les immenses plantations forestières de monocultures pour l'exportation ce qui produit des changements climatiques, tout en privatisant des secteurs naturels protégés et en en terminant avec les rivières et les eaux du sous-sol. L'expérience du Costa Rica où son gouvernement a privatisé des secteurs naturels protégés (ANP) au profit des entreprises transnationales est déjà un scandale qui devrait nous alarmer.

L'ALCA accélérerait la dégradation de l'atmosphère puisqu'elle élimine le droit des gouvernements de mettre des règles pour la protéger et instaure la suprématie de l'intérêt des investissements, du commerce pour le commerce, indépendamment des dommages qu'il cause à l'écologie. Dans les villes d'Amérique Centrale ainsi que dans la zone frontalière entre le Mexique et les Etats-Unis, la pollution due aux déchets des maquiladoras, le rejet de produits chimiques, de solvants et d'autres produits ont accéléré non seulement la dégradation environnementale mais aussi les conditions de santé de la population voisine.

L'ALCA EN FINIRA PLUS VITE AVEC LE PEU D'EAU QUI RESTE

L'ALCA accélérerait le processus de privatisation des sources d'eau, ses systèmes de distribution et de commercialisation. Ceci entraînerait des augmentations dans les tarifs du service et expulserait la population rurale et urbaine des territoires avec de l'eau. L'accès au liquide sera plus difficile pour ceux qui sont chaque fois plus pauvres sur le continent. Quand en Bolivie le gouvernement de la ville de Cochabamba a privatisé l'eau au profit de l'entreprise américaine Bechtel, les prix ont augmenté de 200 % et jusqu'à 300 %, menant à des révoltes et des manifestations avec des morts et des blessés. L'ALCA prétend introduire dans la logique du marché, du négoce et du profit toutes les choses et tous les biens. Avec cet accord, on favorisera les grandes extensions de monocultures qui menacent les ressources en eau, les rivières, les bassins aquifères, et l'environnement en transformant les forêts en de grands déserts. Des plantations d'eucalyptus et de palmier africain abondent déjà dans toute la région. La privatisation des secteurs d'irrigation est déjà un péril. D'autre part, l'investissement pour l'investissement lui-même entraînerait d'interdire à tout gouvernement d'empêcher la construction de barrages hydroélectriques par les entreprises transnationales, ce qui accélérerait le décès des rivières. Des dizaines et des dizaines de projets de barrages se développent sur tout le Continent : au Mexique, au Belize, au Guatemala, au Honduras, au Salvador, au Costa Rica, en Colombie, au Brésil, au Chili, etc.

L'industrie du papier et d'autres requièrent beaucoup d'eau pour produire, ce pourquoi, elles cherchent les façons de s'implanter dans les régions où le liquide est abondant. Paper international, Kimberly Clark, Coca-Cola et autres compagnies transnationales sont aussi derrière la privatisation de l'eau.

L'ALCA AUGMENTERA LA PAUVRETÉ DANS LES ZONES RURALES

Avec l'ALCA, on accélère la privatisation des ressources naturelles et stratégiques. Celles-ci sont dans la campagne le motif du saccage des grandes corporations qui provoque déjà le déplacement de millions de ruraux pauvres. Mais ce n'est pas tout, l'appauvrissement s'était déjà accentué du fait de plusieurs éléments de base que l'ALCA accélère. Les pays de l'Amérique latine et les Caraïbes éliminent les subventions, mais non les Etats-Unis ; les pays pauvres éliminent les tarifs (impôts) sur les produits provenant des Etats-Unis, mais ce pays les maintient et les fortifie ; les pays pauvres ouvrent leurs frontières à quantité de tonnes de chaque produit, tandis que les Etats-Unis maintient des restrictions et ferme ses frontières. À ceci nous ajoutons l'élimination d'autorisations d'importation, de quotas, de prix minimaux, de prix de garantie, le démantèlement du crédit rural et des institutions commerciales qui sont privatisées, la réduction de l'investissement public en infrastructure ou en assistance technique au paysan, entre autres. Les femmes sont particulièrement touchées car elles n'ont pas accès à la titularisation de leurs terres, elles ne sont pas des sujets de crédit et elles ont été abandonnées par les hommes qui ont migré aux Etats-Unis.

Avec l'ALCA, on prétend à une campagne sans paysans pour favoriser la production à une grande échelle pour l'exportation et augmenter la dépendance alimentaire des pays de l'Amérique latine et des Caraïbes qui augmentent de manière accélérée l'importation de leurs aliments. L'Union Européenne utilisent les mêmes mécanismes. À la fin, ceux qui en profitent sont les grandes compagnies alimentaires du monde. Actuellement cinq entreprises contrôlent 90 % du commerce mondial de grains : Cargill, Continental, Louis Dreyfus, Bunge et Archer Daniel Midlands. Avec les règles agricoles de l'ALCA, ces grandes corporations ne font pas autre chose que légaliser leur pillage en concevant leurs propres règles qui leur garantissent la sécurité face à l'intervention de tout gouvernement qui prétend régler l'alimentation et résoudre la faim de son peuple.

Aussi bien les Etats-Unis que le Fonds Monétaire International (le FMI) et la Banque Mondiale (BM) promeuvent la libération non-discriminée des marchés agricoles des pays pauvres, au moyen de programmes de l'ajustement structurel qu'ils ont imposés depuis la décennie des années 80. Mais, de tout ce qui précède voyons quelques exemples.

Le gouvernement des Etats-Unis a augmenté les subventions internes en 2002 de 80 %, dépassant ainsi les 180 millions de dollars pour les dix années suivantes, dont 60 % des paiements directs sont destinés à seulement 10 % des entreprises. En réduisant jusqu'à 60 % les coûts de production, les Etats-Unis peuvent modifier les prix mondiaux des aliments et obtenir la dépendance en causant des catastrophes dans les petits pays producteurs. Si à ceci nous ajoutons la pression durant les dernières 15 années pour que les gouvernements se retirent de la régulation et du soutien à la paysannerie, avec l'ALCA il n'y aura pas une autre chose que la violence et plus de faim.

Du fait des tarifs douaniers que demandent les Etats-Unis, le Brésil doit lui payer 1 milliard de dollars chaque année pour introduire son jus d'orange sur le marché américain. Toutefois, ils obligent d'autres à ouvrir totalement leurs frontières, c'est pourquoi en Colombie on a perdu la production de blé, d'orge et que le café n'est déjà plus soutenable. On ne cultive plus non plus le sorgho et le soja ; on en termine avec le coton, le lait est menacé ; le pays commence à importer déjà du sucre, il n'est pas autosuffisant en maïs et est sur le point de faire faillite l'élevage de poussins.

Au Mexique, le prix du maïs a chuté de 45 % et son importation a augmenté. En 1995, on a obligé Haïti à réduire les tarifs douaniers sur le riz de 35 % à 3 %. Parallèlement a été permise l'entrée de riz subventionné des Etats-Unis qui a inondé le marché et provoqué le licenciement de 50 mille familles pauvres qui dépendaient de la production de riz. Maintenant le Haïti achète les deux tiers du riz qu'il consomme. Le gouvernement haïtien ne perçoit pas de tarifs douaniers des importateurs. On l'a obligé à privatiser sa rare industrie si bien que le pays ne compte plus avec des ressources pour acheter des aliments. Sa dette continue à augmenter ainsi que sa dépendance aux normes que dictent et imposent le FMI et la BM. Cela vous paraît-il juste ?

Les Etats-Unis exporte du blé à moins 46 % de son coût de production du maïs à 25 % de moins. Dans le même temps, les Etats-Unis mettent des obstacles à l'entrée du saumon et des champignons Chiliens, des fleurs de la Colombie, du Chili, de l'Équateur et du Mexique ; des tomates et du thon mexicains ; ou du miel de l'Argentine. Entre temps, les producteurs de coton en Texas ont reçu en 2002 autour de 3 milliards 600 millions de dollars de subventions, en plus de ce qu'ils ont reçu pour vendre le coton, selon Oxfam. Ainsi, les petits producteurs du Pérou ont vu leur pays inondé de coton américain dont l'importation a augmenté 284 % l'an dernier. Ceci vous paraît-il un libre commerce juste et équitable ?

Selon Oxfam, en Amérique latine et dans les Caraïbes, il y a environ 123 millions de personnes dans le secteur rural ce qui équivaut à 25 % du total de la population qui dépendent directement ou indirectement de l'agriculture. Autour de 77 millions (67.7 %) vivent dans la pauvreté et 47 millions dans l'extrême pauvreté. Mais les agriculteurs des Etats-Unis ont perdu aussi perdu puisque environ 14.2 % de sa population rurale est pauvre et plus de 500 petites entreprises agricoles vont à la faillite chaque semaine.

Environ 214 millions de personnes vivaient dans la pauvreté en 2001 en Amérique latine ce qui équivaut à 43 %. 18.6 % d'entre elles vivaient dans l'indigence. Pour 2002, la Commission Économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) a calculé que 7 millions de personnes de plus ont été soumises à la pauvreté en seulement un an.

Les politiques de libéralisation commerciale, l'élimination des subventions et autres appuis aux paysans, la réduction des droits de travail, entre autres, ont accéléré la pauvreté sur le Continent à la mesure où avancent les supposés "Traités de libre Commerce". Cette pauvreté serait accentuée avec l'entrée en vigueur de l'ALCA.

Il Y AURA MOINS D'ACCÈS à l'ÉDUCATION

Avec l'ALCA, on accélère le processus de privatisation du secteur éducatif. L'état destine toujours moins des ressources à garantir l'accès universel à l'éducation de la population. Les changements constitutionnels vont dans le sens d'éliminer l'obligation de l'état à pourvoir une éducation pour tous et toutes. La Déclaration Universelle des Droits Humains est écartée. Au Mexique on a modifié l'article 3º Constitutionnel qui oblige seulement le gouvernement à garantir l'éducation primaire et secondaire. Celui qui veut davantage d'éducation, qu'il la paye.

Avec la vente d'entreprises étatiques, la suppression de taxes, entre d'autres mesures, les gouvernements ont les poitrines vides et sont sans capacité de répondre de la demande de la population. Sans argent, ils empruntent plus répondre avec une offre éducative pauvre et une éducation pauvre. Au Guatemala, on promeut le schéma des enseignants à forfait. Des enseignants payés par la Communauté qui reçoit des fonds étatiques et paye les éducateurs. L'état est ainsi libéré de contrats, de bureaux et d'autres infrastructures nécessaires. Le secteur de l'enseignement est l'un de ceux qui se sont le plus mobilisé au niveau continental contre ces mesures de privatisation.

Avec l'ALCA, les gouvernements seront obligés d'accepter l'importation de techniciens, de chercheurs, de scientifiques ou de personnel spécialisé que demande l'entreprise dans tout pays. On promeut déjà : l'homologation des études et des exigences professionnelles pour employer le même service pour des salaires plus faibles ; l'élimination de standards nationaux des titres médicaux, des titres légaux et d'autres professions clefs, en permettant que les docteurs avec des titres dans un pays puissent pratiquer dans tout pays du secteur, bien que leur niveau d'études soit différent. De même, on impulse la privatisation d'écoles sous le contrôle corporatif et l'augmentation des profits. La BM continue à faire pression en ce sens. Les réformes éducatives tendent ainsi à décentraliser l'éducation en soustrayant aux gouvernements cette obligation, en balkanisant toutes les structures des états, en les affaiblissant et en les isolant pour avoir un plus grand contrôle.

L'ALCA NIERA LA DÉMOCRATIE

L'ALCA porte à son apogée le Chapitre 11 du TLCAN en accordant aux entreprises étrangères le droit de traîner en justice un gouvernement s'il ne remplit pas les règles conçues, ou qu'elles considèrent qu'il empêche l'investissement, quel que soit le type d'investissement. Et cela, même si le gouvernement le fait au bénéfice de la santé publique, du social ou de l'environnement ; même si le supposé investissement ne remplit pas des conditions indispensables pour le développement, c'est-à-dire, même s'il ne produit pas beaucoup ou aucun emploi, qu'il n'achète pas les facteurs de production locaux qui produisent un développement local ou régional, etc. Tout règlement sanitaire ou environnemental, tout acte gouvernemental qu'une entreprise des Etats-Unis identifie comme la cause de la diminution du profit attendu, peut provoquer que l'entreprise l'exige devant une cour internationale où les lois nationales ne peuvent pas intervenir.

Il a déjà eu beaucoup de plaintes d'entreprises contre des gouvernements dans le cadre du TLCAN. Les exemples suivants peuvent nous donner une idée de ce qui passerait sous l'ALCA si l'on ne l'arrête pas. La chaîne funéraire du groupe Lowen a réclamé au gouvernement des Etats-Unis 750 millions de dollars pour fraudes. L'Ethyl-Corporation des Etats-Unis a demandé au gouvernement du Canada le paiement de 13 millions de dollars de dommages et intérêts puisqu'il a exigé l'élimination de l'additif dangereux pour essence MMT, une toxine connue pour attaquer le système nerveux humain. Une autre entreprise canadienne, Methanex, prétend éliminer l'interdiction en Californie du MTBE, un autre additif toxique pour l'essence, et revendique qu'on lui paye 970 millions de dollars. La Metalclad américaine a attaqué le gouvernement mexicain de l'Etat de San Luis Potosi pour l'interdiction de continuer avec un déchet toxique qui provoquait des dommages à l'environnement et à la santé. Du gouvernement mexicain on a exigé le paiement de plus de 10 millions de dollars en compensation des profits que Metaclad aurait pu obtenir avec cet investissement.

De cette manière, les lois étatiques, départementales, provinciales et nationales restent sans effet devant l'imposition antidémocratique de règles transnationales imposées par les entreprises elles-mêmes pour garantir leurs intérêts. Cela concerne aussi les lois internationales, des accords entre des états sont relégués par les lois imposées par les corporations. Ainsi, le peuple ne gouverne pas avec ses propres lois si bien qu'il s'agit d'une perte de la souveraineté juridique.

Malgré les demandes constantes pour ouvrir et démocratiser les politiques de commerce, les négociations de l'ALCA ont été conduites en secret depuis le début du processus de négociation en 1994. Cependant, les représentants de centaines de corporations se sont insérés dans le processus, en conseillant les négociateurs américains et en les aidant à écrire les règles. Dans ce processus pour signer l'ALCA, les peuples et la société civile ne sont pas pris en considération. La structure de négociation - imposition est composée du Sommet des Amériques où se réunissent les Présidents du Continent. Il existe ensuite les Réunions Ministérielles où se réunissent les Ministres du Commerce des gouvernements pour développer le Plan de Travail. À un autre niveau, ce sont les sous-ministres responsables des échanges commerciaux qui se réunissent tous les 18 mois au sein du Comité des Négociations Commerciales (CNC) et qui ont la tâche de "diriger, d'évaluer et de coordonner" les Groupes de Travail et de conseiller les Ministres du Commerce des gouvernements. En dernier lieu, ce sont les Réunions des Groupes Travail ou de négociation mises en place par les Ministres du Commerce qui recueillent une information sur la situation actuelle des relations commerciales sur le Continent Américain et qui se réunissent tous les 18 mois. Au total, ce sont 12 Groupes de Travail : Accès aux Marchés, Achats du Secteur Public (qui, c'est certain, ont été coordonnées par les gouvernements des Etats-Unis et du Canada), Économies de petite taille, Investissements, Mesures Sanitaires et Phytosanitaires, Normes et Barrières Techniques au Commerce, Politique de Concurrence, Procédures Douanières et Règles d'origine, Droits de Propriété Intellectuelle, Services, Règlement des différents et Subventions, Mesures Antidumping et Droits Compensateurs.

De cette manière, c'est le secteur patronal le plus puissant que compte le Continent qui se réunit avec les gouvernements et leur conçoit les lois de l'ALCA dans le dos de la société dans son ensemble. Les Organisations non gouvernementales (ONG) ont exigé qu'on incorpore aussi des groupes de travail sur la démocratie, les droits humains et du travail, la protection du consommateur et de l'environnement. Ces groupes ont été rejetés.

L'ALCA AUGMENTERAIT LA SPOLIATION

Avec ceci nous nous référons au sujet de la Propriété Intellectuelle puisqu'on prétend régler, privatiser, éloigner les peuples des moyens de leur développement ainsi que leur arracher leur connaissance, leur recherche, leur science, leur technologie, leur biodiversité, leur vie, et tout ce qui existe, est tangible ou intangible, les couleurs, les saveurs, les idées en étendant le concept de "transfert de technologie" à toute chose. Faire des tamales, de l'atole, du pozole, des pupuzas ou tout autre aliment typique d'un pays pourra être breveté en faisant valoir que c'est une technologie appliquée pour produire quelque chose de nouveau. L'accord sur les Brevets, créé en 1995 quand est née l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), n'a pas rempli ses objectifs : de garantir les droits de propriété en récupérant les coûts d'investissement, de stimuler l'innovation et de contribuer au développement. C'est tout le contraire. Ce qui est vieux s'est converti en dollars et a été rendu nouveau pour être breveté. Et la nature, propriété de l'humanité depuis des siècles, depuis des millénaires, est devenue quelque chose de privé.

Le monopole de la connaissance est concentré dans les pays les plus riches et industrialisés qui détiennent 90 % des investissements mondiaux en matière de recherche et de développement, selon Oxfam. Ceci signifie que les pays du Tiers Monde doivent acheter toute la connaissance et la technologie produite dans le monde dont les entreprises ont la propriété intellectuelle pour 20 années. Avec l'ALCA, les droits de Propriété Intellectuelle prétendent aller plus loin en ne permettant pas l'existence de la Propriété Intellectuelle traditionnelle des peuples indigènes, en favorisant le vol de la connaissance, des plantes et de tout gène qui se trouvent dans ses territoires, propriété de l'humanité, pour pouvoir les enregistrer, les breveter et percevoir pour leur utilisation, leur distribution et leur consommation. Les bio-pirates se transforment maintenant en bio-corsaires légalement constitués pour voler tout mode de vie aux peuples indigènes qui détiennent dans leurs terres presque 90 % des ressources biologiques du monde ; ceux qui ont diversifié des semences et ont enrichi génétiquement le monde, ceux qui ont sauvegardé pour des siècles les forêts et les rivières.

Les variétés de plantes et d'animaux constituent la principale ressource de l'industrie biotechnologique et de la production de semences génétiquement modifiées (transgéniques). Mais de cette biodiversité survivent plusieurs millions d'indigènes et de paysans dans le monde. L'ALCA prétend : privatiser toute cette variété de vie avec les accords sur la Propriété Intellectuelle et éliminer le droit de tout paysan de conserver et d'utiliser des semences pour produire ses variétés propres ; tout comme on veut libérer l'entreprise de demander l'autorisation aux Communautés indigènes et campagnardes. L'entreprise Monsanto a déjà attaqué en justice des agriculteurs du Canada et des Etats-Unis pour avoir récolté leur semence-fruit et pour la pollution que provoquent leurs semences sur d'autres terres… Au Brésil, Monsanto et Dupont contrôlent déjà 75 % du marché brésilien de maïs.

Sources en espagnol et pour une plus grande information : Réseau mexicain d'Action Face au libre Commerce (RMALC) www.rmalc.org; Common Frontiers www.web.net/comfront; page officielle de l'ALCA www.ftaa-alca.org et webmaster@ALCA-FTAA. org ; CIEPAC www.ciepac.org; Oxfam, revue 37, Commerce avec Justice pour les Amériques, janvier 2003 ; Banque Interaméricaine de Développement (BID) www.iadb.org; Banque Mondiale (BM) www.bancomundial.org; Fonds Monétaire International (le FMI) www.imf.org; Organisation d'États Américains (OEA) www.oas.org; Secrétaire Commerce et Promotion Industrielle (SECOFI) www.secofi.gob.mx; Forum International sur la Globalisation www.ifg.org; "ALCA, projet pour l'Annexion" Osvaldo Martinez, Directeur du Centre de Recherches pour l'économie Mondiale ; Pris "de l'Économiste", février 2002, www.cubaminrex.cu; Global Exchange,  www.globalexchange.org; Journal "Trabajadores" ; Alliance Sociale Continentale : Alberto Arroyo, Résultats du TLCAN au Mexique, Mexique, décembre 2001.

Gustavo Castro Soto
Center for Economic and Political Investigations of Community Action, A.C.
CIEPAC is a member of the, Mexican Network of Action Against Free Trade (RMALC) www.rmalc.org.mx, Convergence of Movements of the Peoples of the Americas (COMPA ) www.sitiocompa.org, Network for Peace in Chiapas, Week for Biological and Cultural Diversity www.laneta.apc.org/biodiversidad, the International Forum "The People Before Globalization", Alternatives to the PPP http://usuarios.tripod.es/xelaju/xela.htm, and of the Mexican Alliance for Self-Determination (AMAP) that is the Mexican network against the Puebla Panama Plan. CIEPAC is a member of the Board of Directors of the Center for Economic Justice http://www.econjustice.net and the Ecumenical Program on Central America and the Caribbean (EPICA) http://www.epica.org.


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